Michelangelo comprend soudain qu'il s'est toujours trompé, que sa mère et Andrea, par leur présence minérale, lui montrent le chemin. Dans son art, il a toujours sculpté la pierre pour la transformer en peau, pour qu'elle ne soit plus que chair et tissu. Maintenant, il réalise que ses personnages veulent devenir marbre, ne désirent rien d'autre que de voir leur peau se pétrifier jusqu'à en être rugueuse, afin de retourner à ce qu'elle est véritablement : des souvenirs millénaires fossilisés, emprisonnés dans le cœur blanc de la montagne.
Que la chair se fasse pierre. Ne l'obliger à rien d'autre.
Léonor de Récondo, "Pietra viva", Sabine Wespieser éditeur, Paris, 2013